Joy Desdevises

Ph.D

2017/10-2021/03

Doctorante

Université Paris Cité

Rôle du contexte social dans le développement de la génération d'idées créatives

Dirigée par Mathieu Cassotti

Les recherches s'intéressant au développement de la créativité ont démontré que la capacité à générer des idées créatives pouvait être entravée par des blocages cognitifs (e.g., effet de fixation) et sociaux (e.g., inhibition sociale de l'attente d'évaluation). Ces deux types de blocages ont essentiellement été étudiés de façon isolée et peu d'étude ont examiné leurs interactions dans une perspective développementale. Ainsi, l'objectif de cette thèse était d'étudier l'impact de différents contextes sociaux sur la créativité et le biais de fixation, et de dégager et comprendre les processus impliqués. Pour ce faire, quatre études ont été mises en place, chacune reposant sur des contextes sociaux différents et permettant un ensemble de mesures systématiques. La première étude a permis de montrer dans un premier temps que même si l'effet de fixation est renforcé au cours de l'adolescence, leur capacité à proposer des idées originales se développe également. Ce changement s'accompagne d'une évolution de leur capacité à détecter que leurs idées appartenant à la fixation ne sont que peu créatives. L'attente d'une évaluation manipulée n'a cependant pas été suffisamment saillante, ce qui explique que nous n'ayons pas observé d'effet du contexte sur la créativité et ce, quel que soit l'âge. De ce fait, nous avons, par la suite, décidé de nous concentrer sur la période de fin d'adolescence et d'améliorer la saillance des contextes sociaux étudiés. Ainsi, dans notre deuxième étude, nos participants étaient en compétition soit avec des coacteurs présents (i.e., compétition in-group), soit avec des individus fictifs (i.e., étudiants d'une autre université ; Compétition out-group). Les résultats ont montré que générer des idées à un problème créatif pouvait être facilité par la compétition out-group, sans que l'effet de fixation ne soit pour autant minimisé. Afin de comprendre l'absence d'effet de la compétition in-group, nous avons mené deux autres études en portant une attention toute particulière au processus de comparaison sociale, celui-ci pouvant être de différents types. Nos données ont révélé que se comparer à moins bon que soi (i.e., comparaison descendante) diminuait l'effort, la productivité, et ainsi le nombre d'idées créatives proposées. Les individus en comparaison ascendante (i.e., se comparer à meilleur que soi), quant à eux, semblent avoir proposé un maximum d'idées sans prêter une attention particulière à leur créativité. Dans cette condition, on a en effet constaté une diminution de l'expansivité mais un renforcement de l'effet de fixation. Nous avons également pu montrer que ces effets n'étaient retrouvés que s'il était question de contexte de coaction. Enfin, nous avons mené une dernière étude portant sur les effets d'un travail collaboratif (i.e., en binôme). Alors que les participants devant générer à deux se sont sentis plus en confiance, plus à l'aise et moins en compétition, leurs productions se sont révélées moins bonnes que ceux qui généraient individuellement, en simple coaction. L'ensemble de ces résultats a un impact pour la recherche fondamentale et a permis la proposition de diverses pistes de recherches ultérieures.

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PUBLICATIONS

Desdevises, J. (2021) Rôle du contexte social dans le développement de la génération d'idées créatives. [Doctoral dissertation, Université Paris Cité]

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